JPax

Débutant mon parcours professionnel dans le secteur de l’environnement, mon travail m’a naturellement mené à la pratique de la photographie :
en effet, celle-ci sert souvent à l’illustration d’un grand nombre de situations réclamant qu’on garde une trace.
Parti du paysage rural, j’ai aussi rapidement découvert la macrophotographie et la photographie animalière, principalement ornithologique.

Dans la suite, j’ai vécu quelques temps en Belgique.
J’y ai découvert le paysage urbain industriel, en particulier la vallée de la Meuse à Liège, ainsi que l’axe Mons /La Louvière / Charleroi.
Ces lieux surréalistes, et quasi cataclysmiques à l’époque où la Wallonie n’était plus que sinistrée, influencèrent vivement mon travail photographique
et je peux encore dire que je recherche cette « alienité » dans mes cadrages.

Je découvre à la même époque le travail de Hilla et Bernd Becher.
Je suis aussi très impressionné par l’aile nord de Prora,
cette « cité radieuse » du nazisme destinée initialement à offrir des vacances de rêve formaté au peuple de l’Allemagne nazie.
Prora est devenue ensuite une base secrète de la NVA (l’armée de la défunte Allemagne de l’Est).
Prora est fascinante. Elle est ruine avant de naître :
ce sont les ébauches de béton abandonnées qui tombent en ruines, n’ayant servi qu’à des entités mortes.

De retour en France, je m’installe à Paris où je poursuis ma découverte de la curiosité des friches industrielles, encore courantes à l’époque.
J’y ai découvert le mouvement des foules anonymes, agitation chaotique mais pourtant canalisée, et j’ai vu les fragments d’histoires s’écoulant dans les lieux de passage.

Lors de voyages, j’ai rencontré un autre coté de la photographie qui m’était jusque là théorique : les tranches de vie de personnages épars :
le travail de Jeff Wall, de Dave Anderson, au milieu d’endroits sinistrés :
Saint-Louis et East Saint-Louis, El Paso, Gary, le béton des immeubles de Ceaucescu, l’Inde, la minque d’Ostende, Peenemunde….

Dans le même temps, devant une friche ou une ruine,
je ne me dis jamais qu’un monde est fini !
Je me dis « C’est toujours là !

Dans cette lignée, il suffit de visiter un musée de peinture américaine, si particulière dans sa composition et ses éclairages résolument différents
des canons occidentaux européens, pour n’avoir aucun doute sur la capacité de tout passé à se reconstruire.

Il n’y a pas de fatalité de la mort de toute chose, et au lieu de dire « Sic transit… »,
j’affirme que « rien ne se perd et que tout se transforme ».
Du reste, la culture romaine n’a jamais disparue, nous y sommes encore !

Une autre révélation a été la découverte de l’architecture romaine antique et de sa rigueur esthétique absolue.
Il m’a toujours semblé que derrière les ruines passées devait prendre corps n’importe quel rêve actuel, fut-il inavouable.

C’est du reste ce coté fantastique qu’on trouve aussi chez Hubert Robert et dans ses visions qu’on peut aujourd’hui qualifier de fantastique, voire science-fictionnelles.

 

On décide toujours de partir, mais surtout pour ne pas arriver !

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